Au début des années 50, alors que je n’avais que 7 ou 8 ans, j’accompagnais souvent mon père au camp de bûcheron de John Murdock, situé à environ 23 kilomètres au nord-est de Saint- Thomas Didyme. Sur le site même, il y avait en opération un moulin à scie et parfois mon père devait s’y rendre afin d’y reconduire les travailleurs avec son taxi.

Fin des années 50, je me suis rendu à plusieurs reprises dans ce même secteur, où le gibier était abondant. Par la suite j’ai dû abandonner la chasse pendant quelques années, pour des raisons d'obligations professionnelles et familiales. De plus, le moulin de John Murdock a cessé ses activités.

En 1979, j’ai recommencé à chasser, ayant un peu plus de temps libre, et le hasard que ce soit dans ce même secteur visité dans mon enfance. Puis en 1982 j'ai fait l’achat d’un véhicule tout terrain et c’est dans les environ du site de l’ancien camp de John Murdock que j’ai érigé mon campement, alors accompagné de mon ami Léopold Gagnon. Ce premier campement n’était, en fait, constitué que d’une roulotte de voyage. Pendant la période de chasse, je parcourais tous les sentiers du secteur afin de connaître à fond un territoire qui plus vaste que je ne l’imaginais.

En 1982 une loi gouvernementale obligeait tous les propriétaires de chalet ou camp à enregistrer leur bâtiment forestier auprès du gouvernement du Québec. Ceux qui refusaient d'optempérer pouvaient voir leur bâtiment détruit ou incendiés. Évidemment la plupart se sont conformé à cette règle.

Mon secteur de patrouille de chasse se trouvait dans les environs des lacs Jumeau, Brûlé, Doré et Curé et j’ai campé aux abords de chacun de ces étendues d’eaux. Un jour, accompagné d’un copain de chasse, à quelques kilomètres du Lac Gronick, on remarqua plusieurs pistes d’orignal dans un vieux chemin forestier. Ces pistes, évidemment, se dirigeaient vers une forêt beaucoup plus dense. En suivant ces pistes nous avons marché environ deux kilomètres, en pleine forêt dense, enjambant les arbres couchés au sol, tombés par le vent ou à maturité. Déterminés comme seuls les chasseurs peuvent l’être, nous sommes finalement arrivés aux abords d’une baie d’un petit lac. La température était clémente, le soleil merveilleux reflétant sur l’eau ses couleurs automnales magnifiques, bref, un endroit de rêve pour tout chasseur de gros gibier.

Les heures passaient pendant que nous étions en affût et c'est à ce moment que l’idée d’y construire un camp a commencée à germer dans ma tête. De retour de la chasse et l’idée bien ancrer dans mon esprit, je commencai à échafauder les plan d’un camp. Ne pouvant le construire seul, j’ai évidemment fais appel aux membres de ma famille les invitant à être copropriétaires d’un camp en bois rond. À ma grande surprise, tous ont acceptés. Mon père Gérard, mes sœurs Ghislaine, Gaétane et Jocelyne, mes frères Gaétan, Jacques, Richard et Martin et bien sûr moi-même. N’étant que 9 et voulant que 10 soit plus joli, nous avons fait appel à un oncle de la famille, Cyrille, qui a accepté d'embarquer dans cette aventure. Voilà l’origine du nom « Camp Des Dix ».

Après le consensus familial il me fallait enregistrer le camp au Ministère des Ressources Naturelles. Comme le ministère exigeait une photo du camp et que celui-ci n’était pas encore construit, j’ai suivi le conseil d’un ami me m'avisant de prendre une photo du camp du centre de ski Tobo-Ski de St-Félicien. J’ai remis le tout au responsable du ministère et quelle ne fût pas ma surprise quand il m’a dit : « Tu es bien le dix-neuvième qui arrive avec la même photo du même camp »… Le tout c’est bien arrangé et j’ai bien compris que mon ami avait prodigué ces conseils à toutes les gens qu’il connaissait…

Puisque plusieurs de mes frères et sœurs demeuraient à l’extérieur de la région, il était très difficile pour eux de venir participer à la construction du camp. Malgré tout, cette construction ne faisait que renforcer les liens familiaux. À preuve, après le décès de mon plus jeune frère Martin, le projet du camp à aidé à nous retrouver et passer cette difficile épreuve.

Premier campAvec l’aide de mes frères Gaétan, Jacques, Richard, ainsi que d’amis de la famille, nous avons pu terminer la construction du premier Camp Des Dix. dis premier car, le Camp des Dix actuel surplombe à 60 pieds d’écart le premier, que nous tenons à conserver comme témoignage du temps passé et des efforts. À noter que lors de la construction du premier camp, tout les matériaux ont été transportés à bras d’homme car il n’y avait pas de sentier pour s’y rendre.

C'est en 1983 que j’ai abattu mon premier orignal. Un mâle majestueux avec un panache de 54 pouces qui orne fièrement les murs de l’actuel Camp Des Dix.

De 1983 à 1996, nous avons chassé et pêché tout en s’amusant sur ce site exceptionnel. Bien sûr, une multitude d’anecdotes et d’histoires de chasse se sont succédées et il nous fera plaisir de vous les raconter lors de votre séjour.

Camp 2En 1995 commençait la coupe de bois dans notre secteur et par le fait même des chemins de qualité pour l’accès au camp. L’idée de construire un nouveau camp me trottait dans la tête. Quelque chose de plus majestueux, de plus fonctionnel, bref, un camp de rêve… Après en avoir discuté avec mes frères, seulement Jacques décida d’embarquer dans ce méga projet. Mes autres frères et sœurs, pour des raisons familiales ou professionnelles ne pouvaient pas participer.

En 1996 j'ai demandé l’autorisation de modifier mon bail de location d’abris sommaire en un bail de villégiature. Cette modification a été accepté avec un permis de coupe de bois destiné à la construction du nouveau camp. Quelques années plus tard j’ai appris, par hasard, que l’année 1996 avait été l’année butoir pour les changements de statut de bail. Quelle chance!

En 1997 débute la coupe de bois pour la construction du camp qui a commencé réellement en 1999. Ce n’est qu’en 2002 que nous avons pu dormir pour la première fois dans le nouveau camp.

Par la suite, mes deux filles ainsi que plusieurs amis m'ont conseillé de transformer mon camp en centre de villégiature ou en pourvoirie alternative. L’idée était intéressante mais il restait encore beaucoup de travaux à faire et le financement extérieur était inexistant. Avec de la patience et du travail nous avons atteint nos objectifs. Maintenant, nous sommes prêt à recevoir nos clients dans un confort douillet et avec un service chaleureux et familial.

En avril 2005, mon projet fût accepté par le C.L.D. de la MRC Maria-Chapdelaine. J’ai donc décidé de mettre en branle mon projet tant souhaité. Voilà pour l'historique du Camp Des Dix et nous serons heureux de vous accueillir et partager avec vous l’amour de la forêt…